France

Édouard Philippe détaille ses propositions sur le travail, la famille et l’immigration

Invité de « L’Heure de vérité » sur France 2, le candidat Horizons a chiffré ses pistes sur les cotisations, les allocations familiales, le déficit, la fonction publique et l’immigration légale.

Damien Royer Par Damien Royer
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Édouard Philippe détaille ses propositions sur le travail, la famille et l’immigration
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Ancien Premier ministre et candidat Horizons à la présidentielle, Édouard Philippe a exposé plusieurs propositions, sur le plateau de France 2 pour « L’Heure de vérité », le jeudi 8 octobre 2026, sur le travail, la famille, les finances publiques et l’immigration. Il y défend l’idée d’une France « commandée et gouvernée ».

En bref

  • Selon France 24 , qui reprend une dépêche de l’AFP, il était le premier invité de cette émission relancée par France Télévisions, dont le titre rappelle celui du grand rendez-vous politique des années 1980.
  • Le texte prévoit une phase de concertation avec les partenaires sociaux.
  • Enfin, il a précisé qu’il ne comptait pas vivre à l’Élysée s’il était élu.

Un retour de l’émission, un premier invité

Selon France 24, qui reprend une dépêche de l’AFP, il était le premier invité de cette émission relancée par France Télévisions, dont le titre rappelle celui du grand rendez-vous politique des années 1980. D’après Stars-actu, la diffusion débutait à 20h40 sur France 2, avec un direct sur France.TV puis un replay.

L’entretien était conduit par Caroline Roux, avec à ses côtés cinq autres intervenants : Eugénie Bastié (Le Figaro), Thomas Porcher (Radio Nova), Benjamin Duhamel (France Inter et France Télévisions), ainsi que Maryse Burgot et Neila Latrous (France Télévisions). Le programme annoncé comprenait entre autres l’intelligence artificielle, les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, la dette, le pouvoir d’achat et les retraites.

Le candidat, concurrencé au centre par Gabriel Attal tout en refusant toujours une primaire, a affirmé avoir « réfléchi à ce que voulait dire exercer le pouvoir ». Pour lui, un président doit présider sans se substituer au gouvernement, et le but est de sortir le pays de la mauvaise passe qu’il traverse. Il a dit vouloir écarter toute promesse inconsidérée, puisque « l’argent magique n’existe pas ». Il a aussi souligné que le moment était « très sérieux », et même « dangereux ».

Travailler plus, sans cotisations pour ceux qui prolongent

Son leitmotiv : pour s’en sortir, dit-il, il faudra « travailler tous un peu plus ». Concrètement, il souhaite dispenser de cotisations sociales les salariés prêts à travailler plus longtemps. « Le salarié va gagner plus parce qu’il n’y aura plus de cotisations sociales », a-t-il expliqué, en ajoutant que l’entreprise disposerait d’un coût du travail un peu moins élevé. Il a évoqué une hausse de 1.000 euros par an pour un salarié au Smic. Ce chiffre est une estimation avancée par le candidat lui-même.

Sur les retraites, il a défendu la réforme dévoilée la semaine précédente : la durée de cotisation monterait progressivement à 45 annuités, tandis que l’âge légal de départ passerait à 65 ans, avec une exemption pour un tiers des salariés. Le texte prévoit une phase de concertation avec les partenaires sociaux. En revanche, il n’a pas voulu préciser, à ce stade, si la réforme passerait par le Parlement, par un référendum ou par ordonnance.

Familles, déficit et fonction publique

Pour les familles, Édouard Philippe veut « revoir totalement le système des allocations familiales » et aider les ménages dès le premier enfant. Pour les classes moyennes, il propose un allègement d’impôt d’environ 3.000 euros, versé durant les trois années qui suivent une naissance.

Interrogé sur les finances publiques, il a dit vouloir ramener le déficit « significativement » sous la barre des 3 %, c’est-à-dire à 2 % à la fin du quinquennat. La moitié de l’effort serait demandée aux dépenses sociales, et un quart aux collectivités. Il a également indiqué qu’il ne remplacerait pas un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, soit 250.000 postes supprimés sur cinq ans.

Sujet Ce qu’il a annoncé
Déficit public 2 % à la fin du quinquennat
Effort sur les dépenses sociales 50 %
Effort sur les collectivités 25 %
Fonction publique 250.000 postes supprimés sur cinq ans

Ordonnances, immigration et politique étrangère

S’il était élu, il présenterait, après les législatives qui suivraient une dissolution, « une vingtaine d’ordonnances » destinées à entrer en vigueur dès l’automne, afin de mettre un terme à l’indécision qui paralyse le pays depuis au moins 2024. En 2025, il avait déjà mentionné des ordonnances sur la justice, l’éducation et la santé.

Le maire du Havre souhaite en outre « diviser par deux l’immigration légale », pour revenir à un niveau situé, dit-il, largement sous les 200.000 titres de séjour délivrés chaque année, comme avant 2010. « Il faut donc admettre que l’immigration est trop importante », a-t-il affirmé, jugeant aussi le droit d’asile « dévoyé ».

À l’international, il a réaffirmé son soutien à l’Ukraine, estimant que le seul critère décisif de la politique extérieure est l’intérêt de la France. Il a fait part de son « désaccord majeur » avec la politique du gouvernement israélien et du « carnage » à Gaza, sans toutefois parler de génocide.

Une candidature qui cherche son espace

Les sondages le donnent perdant au second tour face à Marine Le Pen. Il a de nouveau écarté l’idée d’une primaire et appelle à un rassemblement de la droite et du centre, « et peut-être le moment venu au-delà ». Il a aussi affirmé que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon « entraîneront le pays à la ruine » et « à l’affrontement ». Enfin, il a précisé qu’il ne comptait pas vivre à l’Élysée s’il était élu.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Leynadmar. Licence : CC BY-SA 4.0.