Stellantis promet de ne fermer aucune usine en France
Avant le Mondial de l’auto, Antonio Filosa mise sur le partage de lignes avec Dongfeng et Leapmotor et sur une 2CV électrique vers 15 000 euros.
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, s’engage à ne fermer aucune usine du groupe en France, à deux jours de l’ouverture du Mondial de l’auto à Paris.
En bref
- Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, exclut toute fermeture de site en France dans un entretien au Parisien.
- Le groupe veut ouvrir ses lignes sous-utilisées à des partenaires, dont les chinois Dongfeng et Leapmotor.
- Une gamme de petites électriques est en préparation, avec une future Citroën 2CV annoncée autour de 15 000 euros.
- Le dirigeant présente ses excuses aux clients touchés par les problèmes PureTech et Takata.
L’engagement figure dans un long entretien accordé au Parisien, publié avant le salon. Le dirigeant y reconnaît un surplus de capacité sur une partie de ses sites sans en tirer la conclusion d’une fermeture. Ses mots, rapportés par Vosges Matin, sont sans détour.
« Nous avons un excès de capacité dans certains sites mais nous ne fermerons pas d’usines en France »
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis
Un engagement prononcé au seuil du Mondial
Le calendrier n’a rien d’anodin. Le doyen des salons automobiles ouvre ses portes le lundi 12 octobre à la porte de Versailles, dans le XVe arrondissement de Paris, pour une semaine. Le président de la République doit en parcourir les allées dès ce premier jour. L’événement revient de loin : en 2022, lors de sa reprise après la pandémie de Covid, il avait frôlé la disparition, avant de retrouver une bonne santé.
La filière, elle, traverse une période difficile. Luc Chatel, qui représente l’industrie automobile française, en a récemment dressé un tableau très sombre, et le secteur tricolore pourrait voir disparaître 75 000 emplois d’ici à 2035. C’est dans ce climat qu’intervient la parole du patron de Stellantis, propriétaire de Peugeot, Citroën et DS Automobiles.
Pour mesurer ce que pèse sa promesse, le dirigeant avance lui-même les chiffres du groupe dans l’Hexagone.
« Stellantis est un champion français, ici, en France », insiste Antonio Filosa. Aucun calendrier ni garantie chiffrée sur l’emploi n’accompagne toutefois l’engagement.
Ouvrir les chaînes à des constructeurs partenaires
La méthode avancée pour éviter des fermetures tient en un principe : remplir les lignes de production qui tournent en dessous de leurs capacités en les mettant à disposition d’autres constructeurs désireux d’assembler leurs modèles dans les usines du groupe. Stellantis s’appuie notamment pour cela sur ses alliances avec deux industriels chinois, Dongfeng et Leapmotor.
D’après le directeur général, cette organisation permettrait de maintenir les postes actuels, voire d’ouvrir la voie à des embauches supplémentaires. Il s’agit de son appréciation : l’effet réel sur les effectifs dépendra de la mise en œuvre de ces partenariats.
Des électriques plus abordables, avec une 2CV en tête d’affiche
L’autre axe porte sur l’offre. Stellantis travaille à une nouvelle famille de petites voitures électriques. La plus attendue est une future Citroën 2CV, dont le prix est annoncé autour de 15 000 euros et qui doit compter parmi les attractions du salon parisien. Ni tarif définitif ni date de commercialisation n’ont été communiqués.
« Notre objectif, désormais, est de faire converger électrification et accessibilité financière », résume Antonio Filosa. Il cite aussi la Citroën e-C3, dont les ventes sont en progression d’après lui, et juge que le renchérissement du carburant pousse davantage d’automobilistes vers l’électrique.
Un groupe tiré entre Détroit et l’Europe
Interrogé sur l’équilibre interne du constructeur, le dirigeant a abordé plusieurs points sensibles :
- Le siège de son bureau. Antonio Filosa travaille à Détroit, dans les locaux de Chrysler, mais conteste tout basculement du centre de gravité de Stellantis au détriment de l’Europe.
- Les marques. Le groupe en détient quatorze, parmi lesquelles Fiat, Alfa Romeo, Opel, RAM, Jeep et Chrysler. Peugeot figure parmi ses quatre marques mondiales, avec Fiat, RAM et Jeep. Citroën ne sera pas délaissée, assure-t-il.
- Les comptes. Stellantis a perdu 22 milliards d’euros l’an dernier. Le dirigeant ne souhaite pas commenter la gestion de son prédécesseur, Carlos Tavares.
- La qualité. Sur les défaillances des moteurs PureTech et des airbags Takata, il présente ses excuses aux clients touchés.
Sur ce dernier dossier, il a choisi des termes précis : « Tout d’abord, je leur adresse nos excuses pour les problèmes du passé qu’ils ont rencontrés. Ensuite, je les assure de nos investissements dans l’amélioration de la qualité ».
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Yetkin Ağaç. Licence Pexels.