Culture

Trois adieux au cinéma : suivre l’adaptation sans confondre les droits

L’adaptation de Tre ciotole par Isabel Coixet arrive dans les salles françaises. Son parcours rappelle qu’entre un roman, un film et leurs extraits, les informations et les droits ne se confondent pas.

Trois adieux au cinéma : suivre l’adaptation sans confondre les droits
People enjoying a film in a cinema, wearing 3D glasses and eating popcorn. Cette photographie accompagne l’article « Trois adieux au cinéma : suivre l’adaptation sans confondre les droits ».

Un roman peut poursuivre sa route au cinéma sans que les œuvres, leurs auteurs et leurs usages deviennent interchangeables. Avec Trois adieux, adaptation de Tre ciotole de Michela Murgia, l’actualité culturelle réunit précisément ces questions : une sortie annoncée en salles françaises, un livre toujours inédit en français selon ActuaLitté, et une œuvre audiovisuelle issue d’un texte antérieur.

En bref

  • Trois adieux adapte le roman Tre ciotole de Michela Murgia et est annoncé dans les salles françaises à partir du 2 septembre.
  • Le livre, le film et les contenus qui entourent sa promotion doivent être distingués dans une information culturelle précise.
  • Les règles pédagogiques décrites par le CLEMI sont encadrées et ne constituent pas une autorisation générale de réutilisation en presse.

Du livre italien à la salle française

ActuaLitté indique que Tre ciotole, paru en 2023, doit être découvert dans les salles françaises à partir du mercredi 2 septembre. Le média précise que le roman de Michela Murgia reste alors inédit en français. Le film porte le titre Trois adieux et est réalisé par Isabel Coixet.

Cette chronologie impose de nommer clairement l’objet dont il est question. Le livre original n’est pas le long métrage, même si le second procède du premier. La date citée concerne la présence du film dans les salles françaises, non une édition française du roman. Dans le traitement d’une sortie, cette distinction évite d’attribuer à un livre, à une adaptation ou à une diffusion une information qui vise en réalité une autre étape de leur parcours.

ActuaLitté rappelle aussi que Michela Murgia est morte en 2023 et que le livre figurait parmi ses dernières parutions. Le scénario du film a été coécrit par Isabel Coixet et Enrico Audenino. Alba Rohrwacher, Elio Germano, Galatea Bellugi et Silvia D’Amico figurent dans la distribution mentionnée par le média. Ces éléments dessinent une adaptation portée par plusieurs intervenants, du texte source à l’écriture du film, puis à son interprétation.

Une œuvre audiovisuelle faite de contributions

Cette pluralité est au cœur de l’analyse publiée par The Conversation France. Son auteur rappelle qu’en France le Code de la propriété intellectuelle classe dans les œuvres audiovisuelles un ensemble allant des œuvres cinématographiques aux émissions de télévision. Il distingue également les auteurs d’œuvres originaires adaptées, lorsque celles-ci ne sont pas dans le domaine public, parmi les coauteurs de l’œuvre audiovisuelle.

Woman sitting at wooden desk reviewing a screenplay in an office setting.
Le passage d’un roman au scénario mobilise une nouvelle étape de création audiovisuelle. Source: Pexels. Attribution: Ron Lach. Licence: Pexels License.

Le texte cite aussi des professionnels présents dans la création, notamment les scénaristes, l’auteur du texte parlé ou de l’adaptation, le compositeur d’une bande originale et le réalisateur. Cette liste n’est pas présentée comme fermée : la qualité d’auteur dépend de l’originalité de la contribution. Le cas d’une adaptation de roman ne se résume donc pas à une simple filiation de titres. Il renvoie à une œuvre nouvelle, construite avec des apports distincts.

The Conversation France souligne par ailleurs que la jurisprudence qualifie l’œuvre audiovisuelle d’œuvre de collaboration. L’article explique que le producteur bénéficie, dans le cadre du contrat de production audiovisuelle, d’une présomption de cession des droits patrimoniaux des auteurs, sauf clause contraire. Les droits moraux, eux, ne reviennent pas au producteur. Cette architecture juridique rappelle qu’une information sur un film ne renseigne pas, à elle seule, sur toutes les autorisations attachées aux éléments qui l’accompagnent.

Pour le lecteur, la bonne pratique consiste d’abord à séparer le fait culturel de l’objet reproduit. Annoncer l’arrivée d’un film, en attribuant l’information à sa source, ne revient pas à réutiliser une affiche, une photographie, un extrait sonore ou des images de la bande-annonce. Ces contenus ne sont pas de simples ornements du récit de sortie. Ils appartiennent à des catégories d’œuvres et d’usages qui appellent une attention propre.

Images et sons ne circulent pas tous selon les mêmes règles

La ressource du CLEMI porte sur l’exception pédagogique. Elle décrit un cadre précis, réservé à l’illustration dans l’enseignement et la formation professionnelle, avec plusieurs conditions cumulatives. Le texte insiste sur les extraits, sur la finalité non commerciale poursuivie et sur l’exclusion des activités récréatives.

Close-up view of film negatives hanging in a darkroom under red lighting.
Affiches, images et extraits associés à un film ne relèvent pas nécessairement des mêmes usages éditoriaux. Source: Pexels. Attribution: Tima Miroshnichenko. Licence: Pexels License.

Ce cadre pédagogique ne fournit pas une permission générale de reprendre des contenus dans un article culturel. Il a néanmoins une utilité de lecture : texte, image et son ne sont pas traités indistinctement. Le CLEMI rappelle que des œuvres peuvent provenir d’un site internet, tout en relevant de règles qui tiennent compte de leur nature, de leur taille, de leur support et de leur mode de diffusion.

La ressource détaille ainsi des cas propres à certains usages en classe. Une photographie peut y être utilisée intégralement sous forme numérique, avec des limites de définition, de résolution et de quantité par travail pédagogique ou de recherche. Pour les œuvres audiovisuelles, elle évoque aussi des conditions particulières de diffusion intégrale. Ces précisions ne se transposent pas automatiquement à une publication de presse. Elles montrent plutôt pourquoi une image accessible en ligne ne devient pas, par ce seul fait, librement réutilisable.

Dans le cas de Trois adieux, la rigueur éditoriale commence par une formulation nette : le film est annoncé dans les salles françaises à partir du 2 septembre, selon ActuaLitté. Pour aller au-delà, il faut identifier précisément le contenu envisagé. Parle-t-on du roman, d’une image de plateau, d’une bande-annonce, d’un dialogue ou d’une musique ? Cette question concrète réduit les confusions entre information sur l’œuvre et exploitation d’un élément de l’œuvre.

Raconter une sortie avec des limites explicites

Une couverture culturelle solide ne perd rien à exposer ce qui est établi et ce qui ne l’est pas. Ici, les sources permettent d’identifier le livre de Michela Murgia, son adaptation par Isabel Coixet, la date annoncée pour les salles françaises et la diversité des contributions associées à une œuvre audiovisuelle. Elles permettent aussi de rappeler que l’exception pédagogique est circonscrite à un cadre défini.

Elles ne suffisent pas à établir les conditions précises de reprise de chaque visuel ou extrait lié au film. Une rédaction peut donc informer sans transformer cette absence en certitude. Elle peut décrire le projet avec ses propres mots, attribuer les faits au média qui les publie et réserver les contenus protégés aux usages dont le cadre est connu. Cette méthode vaut pour les rendez-vous suivis dans notre rubrique culture de newsradio : l’attention portée à la source rend l’annonce plus lisible, et l’attention portée à l’œuvre protège sa singularité.

Photo à la une. Source: Pexels. Attribution: Tima Miroshnichenko. Licence: Pexels License.