Le taux de chômage est un repère majeur, mais il ne résume pas à lui seul le rapport au travail. Pour saisir les évolutions du deuxième trimestre 2026, il faut aussi regarder le halo autour du chômage, le sous emploi, le taux d’emploi et le taux d’activité. Ces indicateurs se répondent, sans pouvoir être simplement additionnés.
En bref
- Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage atteint 8,3 % de la population active selon l’Insee.
- Le halo concerne 1,9 million de personnes souhaitant travailler sans être classées au chômage.
- Sous emploi, taux d’emploi et taux d’activité éclairent des dimensions différentes de la situation sur le marché du travail.
Un chômage en hausse, avec un champ statistique précisé
Selon la publication de l’Insee, 2,7 millions de personnes étaient au chômage au sens du Bureau international du travail au deuxième trimestre 2026. Le taux atteint 8,3 % de la population active, soit une hausse de 0,2 point sur un trimestre et de 0,7 point sur un an. L’institut précise que l’estimation du niveau comme de son évolution trimestrielle est donnée à plus ou moins 0,3 point près.
Cette série porte désormais sur la France, après extension du champ auparavant limité à la France hors Mayotte. L’Insee a rétropolé les séries afin de rendre les comparaisons possibles dans le temps. L’intégration de Mayotte relève légèrement le taux de chômage et abaisse légèrement le taux d’emploi par rapport à l’ancien champ. Après arrondis, les variations trimestrielles publiées restent toutefois identiques.
La hausse concerne les trois classes d’âge présentées par l’institut. Le chômage atteint 21,6 % chez les 15 à 24 ans, 7,5 % chez les 25 à 49 ans et 5,5 % parmi les personnes de 50 ans ou plus. Le taux des femmes progresse à 8,2 %, tandis que celui des hommes est stable à 8,5 %. Ces moyennes décrivent des populations et ne suffisent pas à raconter les situations individuelles.

Le halo ne désigne pas les mêmes personnes
Le halo autour du chômage regroupe des personnes inactives qui souhaitent travailler mais ne sont pas considérées comme chômeuses parce qu’elles ne recherchent pas d’emploi ou ne sont pas disponibles. Au deuxième trimestre, l’Insee en compte 1,9 million. Leur nombre est quasi stable par rapport au trimestre précédent, avec 6 000 personnes de plus. Le halo représente 4,4 % des 15 à 64 ans.
Le mot « halo » ne doit donc pas être traité comme un synonyme de chômage. Il signale une proximité avec le marché du travail, tout en conservant une frontière statistique claire avec le chômage. Cette distinction aide à éviter une lecture trop rapide d’un seul compteur. Dans le suivi de l’actualité économique de notre rubrique économie, elle permet aussi de replacer chaque indicateur dans son périmètre.
L’Insee propose une vue plus large de la contrainte sur l’offre de travail. Elle rassemble les personnes au chômage ou dans son halo, ainsi que celles en sous emploi. Cette part atteint 17,2 % des participants au marché du travail, en hausse de 0,2 point sur le trimestre et de 0,5 point sur un an. Elle demeure néanmoins inférieure de 1,8 point à son niveau de fin 2019.
Observer aussi la quantité de travail
Le sous emploi concerne 4,4 % des personnes ayant un emploi au deuxième trimestre 2026. Sa part est stable sur le trimestre et quasi stable sur un an. En parallèle, le nombre moyen d’heures travaillées par emploi s’établit à 31,1 heures par semaine, là encore à un niveau stable sur le trimestre. Ces données apportent un éclairage différent de celui du seul nombre de personnes en emploi.
Le taux d’emploi des 15 à 64 ans recule de 0,3 point, à 69,0 %. Le taux d’emploi à temps partiel est stable à 11,7 % dans cette tranche d’âge et le temps partiel représente 17,8 % de l’emploi. Le taux d’activité se replie pour sa part de 0,1 point, à 75,4 %. Ce dernier niveau reste supérieur de 0,2 point à celui observé un an plus tôt.

Les données sur les jeunes complètent ce tableau. La part des 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation demeure stable à 13,3 %. L’emploi en alternance représente 2,3 % des 15 à 64 ans, après une légère baisse sur le trimestre et sur un an. Un marché du travail se lit donc à travers plusieurs évolutions qui ne vont pas nécessairement toutes dans le même sens.
Ne pas déduire un droit individuel d’une moyenne nationale
Le taux national de chômage ne permet pas de savoir si une personne peut percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi. La fiche de Service Public rappelle que l’ARE suppose notamment une privation involontaire d’emploi, une inscription comme demandeur d’emploi ou une formation inscrite dans le contrat d’engagement, ainsi que des démarches effectives de recherche ou de création d’activité.
La durée d’affiliation compte également. Pour les règles présentées dans cette fiche, il faut avoir travaillé au moins six mois, soit 130 jours ou 910 heures, dans les 24 mois précédant la fin du contrat. Les conditions varient selon l’âge et la date de fin de contrat. Le versement dépend aussi de l’actualisation mensuelle de la situation par la personne concernée.
Enfin, l’emploi ne se réduit pas à une moyenne générale lorsqu’il s’agit du handicap. Une analyse publiée par The Conversation France souligne que les personnes en situation de handicap font face à des écarts d’emploi, de qualification et de temps partiel, ainsi qu’à des difficultés d’accessibilité et à des discriminations. Cette réalité plaide elle aussi pour une lecture attentive des catégories statistiques.
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